9 octobre 1902
Grèves générales des mineurs
Ce fut « le plus formidable conflit que la France ait connu » écrivait un chroniqueur de l’époque.
En effet, pour la première fois cent mille mineurs cessaient le travail dans le Pas-de-Calais, le Nord, le bassin de la Loire et d’autres centres miniers importants.
Depuis des années, les ouvriers demandaient aux compagnies des Houillères d’accepter leurs revendications :
relèvement normal des salaires ;
fixation à huit heures de la journée de travail ;
retraite de deux francs par jour après trente ans de service et attribuée à cinquante ans.
Or, les compagnies refusèrent délibérément toutes discussions à ce sujet avec les délégués syndicaux.
La grève générale fut donc décrétée dans toute la France. Aussitôt le syndicat national des mineurs publia un manifeste pour justifier la cessation de travail pour un temps illimitée.
La grève de la corporation minière est dictée, dit le manifeste, par la réponse hautaine des compagnies qui, malgré les bénéfices considérables qu’elles réalisent chaque année, se refusent de discuter les bases d’un minimum de salaire, la réglementation du travail et la retraite qui nous mettrait à l’abri des plus stricts besoins pour nos vieux jours .
Mais les compagnies furent inflexibles et la grève dura plus d’un mois, sans changement pour la misère sociale des mineurs.