La Bataille continue - Le Blog-note InFOrmatif - Un blog d'actualités sociales, juridiques et syndicales pour communiquer, faire connaître et partager nos expériences au service des salariés de la grande distribution et du commerce. En général faire valoir les positions syndicales de FO sur l'actualité sociale, tant Française qu'Internationale.
Qu'on se figure bien qu'en 1789 et 1790, pour presque tout le peuple de France, le catholicisme était si étroitement mêlé à la vie nationale et privée qu'il en semblait inséparable.
Qu'on se figure bien que le roi, jugé par eux nécessaire, avait été sacré par l'Eglise;
Que toute leur vie personnelle et domestique reposait sur une base catholique, que l'Eglise seule tenait les registres des naissances, des mariages, des décès, et que, sauf les rares fêtes données à l'avènement des rois, il n'y avait d'autres fêtes, d'autres cérémonies que celles où l'Eglise déployait la magnificence du culte.
Qu'on se souvienne que la royauté persécutrice avait eu pour complices les passions religieuses du peuple, que le fanatisme populaire avait, même au temps de la Ligue, entraîné le pouvoir royal ;
Et que, depuis, c'est aux applaudissements de la multitude catholique que les protestants avaient été persécutés.
Qu'on se souvienne encore que dans le mouvement révolutionnaire même, une partie du clergé, sans renoncer en rien à l'intolérance systématique de l’Eglise, avait pris parti pour le peuple contre les nobles et contre l'impôt ; et qu'ainsi, jusque dans son origine, jusque dans la rédaction des Cahiers, la Révolution semblait mêlée d'un peu d'Eglise.
Qu'on note les innombrables mouvements du peuple se portant aux églises pendant les premières années de la Révolution, pour associer la religion aux grands événements nationaux.
Qu'on prenne garde que, dès 1790, la contre-révolution commençait à provoquer dans les pays mêlés de catholiques et de protestants des mouvements fanatiques et qu'à Montauban, comme dans le Gard, la vie des patriotes fut en péril.