Les salariés du commerce sont très majoritairement hostiles au travail dominical et n’y voient pas une solution à leurs difficultés financières, révèle une enquête publiée mercredi par la CFDT.
Selon cette enquête menée auprès de 1.800 salariés du commerce (1), 68% des personnes interrogées ne sont pas d’accord pour travailler le dimanche, alors même que 88% gagnent moins de 1.500 euros. La proportion s’inverse toutefois chez les moins de 25 ans, qui sont 60% à se dire prêts à travailler ce jour-là.
Parmi les salariés interrogés, 64% indiquent qu’il leur arrive déjà de travailler le dimanche, dont 20% régulièrement, selon cette enquête publiée alors que l’ex-patron de La Poste Jean-Paul Bailly doit remettre lundi au gouvernement son rapport, très attendu, sur le travail dominical.
Alors que certains mettent en avant la question du volontariat dans les débats, l’enquête de la CFDT montre par ailleurs que seuls 32% des salariés le jugent possible, 27% le voyant comme « impossible à cause des pressions directes ou indirectes » et 41% comme « difficile parce qu’il n’y a pas assez de personnel pour laisser le choix ».
Pour la CFDT, l’enquête montre également que le travail dominical n’est pas perçu comme une solution par les salariés préoccupés par leur situation financière, 71% d’entre eux n’y voyant pas une réponse.
Pour travailler ce jour-là, 96% des salariés disent attendre une majoration de salaire et 36% une journée de récupération, des dispositifs qui ne sont pas toujours en vigueur selon la législation actuelle.
Négociation interprofessionnelle
Pour le syndicat, l’enquête confirme qu’il est « illusoire d’envisager une solution unique comme certains le voudraient ». A ses yeux, « il n’est pas question d’envisager une généralisation de l’ouverture dominicale des magasins » et que le volontariat, sur lequel il ne faut pas faire « d’angélisme », doit être encadré « pour ne pas être faussé ».
Enfin, alors que Matignon a mandaté l’ancien patron de La Poste, Jean-Paul Bailly, pour réfléchir à des évolutions sur ce sujet miné, la CFDT plaide pour une négociation interprofessionnelle afin de garantir un socle minimal pour les salariés,notamment des majorations de salaires.
(1) La CFDT a adressé sur une période d’environ trois semaines 1.834 questionnaires à des salariés du commerce répartis dans 64 départements. Près de la moitié (46%) travaillaient dans la grande distribution, les autres dans d’autres secteurs du commerce comme les salons de coiffure, bijouteries, ou bricolage.
NDR: BM: Comme quoi la cfdt est prête à négocier le travail du dimanche !!!