La Bataille continue - Le Blog-note InFOrmatif - Un blog d'actualités sociales, juridiques et syndicales pour communiquer, faire connaître et partager nos expériences au service des salariés de la grande distribution et du commerce. En général faire valoir les positions syndicales de FO sur l'actualité sociale, tant Française qu'Internationale.
Par BLOGMASTER
UNEDIC: le projet d’accord n’est pas satisfaisant pour les travailleurs
Le Bureau confédéral a décidé à l’unanimité de ne pas signer le projet de convention d’assurance-chômage.
Tout simplement parce que ce projet est hors du temps. Alors que, du fait de la crise, le chômage explose et que la durée du chômage va augmenter, comment peut-on envisager de réduire les
cotisations d’assurance-chômage?
C’est comme si, alors qu’un incendie se propageait, on décidait de limiter l’arrivée d’eau.
Dans ces conditions, vouloir réduire les cotisations, c’est appliquer la doctrine du capitalisme libéral («réduire les charges pour avoir plus de compétitivité») à l’origine de la crise du
système que nous connaissons. Vouloir baisser les cotisations est donc hors du temps et à contre-temps.
À souligner, par ailleurs, que toujours prompt à répondre aux revendications patronales, le gouvernement a reporté l’augmentation de 0,3 point de la cotisation patronale vieillesse au 1er janvier
ce qui, pour l’année, fait perdre à la Caisse nationale d’assurance-vieillesse 1,8 milliard d’euros.
De plus, alors que la durée du chômage va malheureusement s’accroître, il n’est pas socialement acceptable de réduire la durée d’indemnisation de dizaines de milliers de chômeurs, dont les plus
de 50 ans.
Ce qui sera, par exemple, le cas pour quelqu’un qui aujour-d’hui avec 16 mois de cotisation peut avoir 23 mois d’indemnisation. Il n’aura plus que 16 mois au maximum d’indemnisation. Autrement
dit, on déshabille Paul pour habiller Pierre.
Y a-t-il des points positifs?
Ils sont de deux ordres: on descend, pour une première inscription, l’ouverture des droits à 4 mois de cotisation. Cela pourrait concerner, selon l’UNEDIC, 76.000 chômeurs indemnisés de plus en
2009. Mais à la deuxième inscription, il faudra dans les faits avoir 6 mois de cotisation dans les 8 derniers mois. Par ailleurs le patronat, alors qu’il s’y était engagé par écrit, a refusé la
mise en place d’une indemnisation forfaitaire pour les moins de 25 ans.
Ce texte revient ensuite sur le droit à l’indemnisation des saisonniers en le ramenant à la situation antérieure sans pour autant régler la question du niveau de l’indemnisation.
Enfin, au titre des revendications non prises en compte, citons l’absence de modulation de la cotisation patronale en fonction du taux de précarité, le refus de corriger les inégalités dont sont
victimes les salariés multiemployeurs, ou le refus d’avoir des droits mutualisés, c’est-à-dire de pouvoir cumuler les droits à indemnisation non intégralement utilisés.
Fidèles à notre liberté de comportement, nous nous sommes prononcés sur le contenu du texte. La pratique contractuelle ne vaut que lorsque le compromis est jugé satisfaisant pour les
travailleurs. Sinon on confond l’outil et l’objectif, la fin et les moyens.
À l’heure où ces lignes sont écrites, seule une organisation syndicale (la CFDT) a dit qu’elle signerait et une réponse est attendue (la CGC).
La CFDT signe parce qu’il faut préserver le paritarisme? Encore une fois, c’est une erreur. Il ne faut pas confondre pratique contractuelle et paritarisme, le paritarisme étant un mode de
gestion. Pour sauver le paritarisme dans l’assurance-chômage, il fallait s’opposer, comme l’a fait Force Ouvrière, à la mise en place de Pôle Emploi, c’est-à-dire à l’étatisation liée à la fusion
des ASSEDIC et de l’ANPE, ce que n’a pas fait la CFDT, et d’autres d’ailleurs.
Enfin, la CFDT appelait la semaine dernière les autres syndicats à prendre leurs responsabilités!
En gros, cela signifie: je signe mais ce n’est pas de ma faute, que d’autres signent avec nous ou que ceux qui ne sont pas d’accord s’opposent pour que l’accord ne soit pas valable!
Il est en l’occurrence pour le moins curieux de voir une organisation si soucieuse des accords majoritaires s’apprêter à signer un accord qui ne l’est pas.
C’est la CFDT qui doit aujourd’hui s’interroger sur son comportement.
À Force Ouvrière, notre conception depuis toujours de la liberté est que chaque organisation s’exprime comme elle l’entend. Mais il ne faut pas demander à appliquer des règles qu’on ne s’applique
pas à soi-même.
Enfin en ce qui la concerne, et compte tenu de cette situation, Force Ouvrière s’adresse aux trois organisations patronales pour demander une réouverture de la négociation.
JC. MAILLY, Sec.Gen. Cgt-FO
Source Cgtfo.fr
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