Les syndicats conditionnent la reprise du travail notamment à la signature par l’État d’un protocole de fin conflit actant l’accord salarial ainsi que la baisse des prix des produits et
services obtenus lors de discussions la semaine dernière.
Le bras de fer se poursuit en Guadeloupe au 42ème jour de grève générale. Le collectif LKP – Liyannaj kont pwofitasyon, union contre l’exploitation outrancière regroupant notamment l’ensemble des
syndicats de l’île, dont FO – a indiqué dimanche soir qu’il se prononcerait dans la journée sur une éventuelle suspension du mouvement.
Selon le leader de FO, Max Évariste, la balle est dans le camp du préfet qui doit signer un «protocole de fin de conflit» devant acter les avancées obtenues lors de la négociation la semaine
dernière. Il doit y figurer l'essentiel des revendications et, en premier lieu, l’accord salarial qui prévoit que les travailleurs percevant jusqu'à 1,4 fois le SMIC toucheront 200 euros
d'augmentation (100 versés par l'Etat pendant deux ans, 50 par les collectivités locales et 50 par les employeurs). Parallèlement, le LKP a décidé de faire dès aujourd’hui le tour de toutes les
entreprises privées guadeloupéennes pour qu’elles s’engagent formellement à appliquer cet accord, en parallèle à la demande de son extension dans tous les secteurs d’activité par le ministère du
Travail. Une demande que la confédération FO a d’ores et déjà antipée en réclamant officiellement lundi au Ministre du travail, Brice Hortefeux, «de convoquer rapidement une réunion de la
Commission Nationale de la Négociation Collective» afin de hâter la «procédure d’extension». Il s’agit ainsi de mettre l’Etat face à ses responsabilités alors qu’une partie du patronat local
(MEDEF et CGPME) refuse d’approuver ledit accord.
La levée du mot d’ordre de grève est également conditionnée à l’acceptation sans réserve par les distributeurs de la liste des 100 familles de produits de base susceptibles de bénéficier d'une
baisse des prix de 20%. Des réductions qui doivent concerner de la même manière les tarifs des transports routiers urbains et interurbains. Parmi les autres points arrachés au cours des
discussions figurent l'instauration d'une tarification pour étudiants, personnes âgées et handicapées. Un calendrier de réunions de négociations thématiques sur la baisse des tarifs bancaires, de
la téléphonie ou ceux de l'eau potable a été par ailleurs établi jusqu’à la fin de la semaine.
En attendant, le LKP a appelé les salariés à descendre de nouveau dans la rue. Un rassemblement était prévu à 8 heures (13 heures dans l’hexagone) à Baie-Mahault dans les environs de
Pointe-à-Pitre. Histoire de maintenir la pression sur les pouvoirs publics et le patronat.