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La FGTA FO a rendu compte, au fil des mois des différentes péripéties
consécutives à la mise en place d’une section syndicale au magasin Leclerc ainsi que des actions menées par FO à tous les
niveaux.
Le cas de Vandoeuvre – les –
Nancy n’est pas isolé dans l’enseigne Leclerc, à tel point qu’on a pu se demander s’il n’existait pas une école de management antisyndical dans le groupe.
Il est symptomatique d’une entreprise où l’on n’écrase pas seulement les prix mais aussi les travailleurs.
Des pratiques d’un autre
âge.
En juillet 2006, face au
mépris et au harcèlement des salariés par l’encadrement, Yannick Poirot décide qu’il est temps de réagir. Avec l’appui de quelques collègues il crée une
section syndicale FO au sein du magasin et est désigné délégué syndical par FO. Les adhésions progressent rapidement.
En Octobre 2006, la direction
décide de se séparer de la cafétéria attenante au magasin qui occupe une trentaine de personnes. En novembre FO convainc les membres du Comité
d’Entreprise de demander une expertise des comptes, car le syndicat veut connaître les raisons qui poussent la direction à se débarrasser de cette
cafétéria .
Les
représailles vont bon train. Le délégué syndical est démis de ses fonctions de gestionnaire et se voit cantonné à du remplissage de rayons. Des
gratifications sont remises à l’ensemble du personnel sauf à des personnes engagées syndicalement :
-distribution de billets pour un match de football malheureusement le directeur du magasin, président du club de foot de Nancy , n’a pu se procurer que 297
places alors qu’il en aurait fallu 300 !
– distribution de bons d’achats de 80€…
-Les augmentations de salaires sont accordées de manière discriminatoire, l’appartenance syndicale aurait elle été un critère
d’exclusion. ?..
En novembre encore la direction
s’invite à une réunion syndicale qu’elle tente de perturber. Au retour dans le magasin, les personnels présents à la réunion se voient malmenés par
leur hiérarchie.
En décembre enfin, un militant se
voit interdire l’accès à son poste de travail par un vigile et la police est obligée d’intervenir. De retour à son domicile il trouve un courrier de mise à
pied conservatoire et fait l’objet d’une procédure de licenciement sans motif réel. Par la suite deux militants qui devaient figurer sur les listes
électorales pour les prochaines élections professionnelles font l’objet de procédures disciplinaires. Dix autres feront également l’objet de mesures
d’intimidation.
Un combat de tous les
instants
Pour mener leur combat, les militants de l’enseigne Leclerc ont en
permanence été soutenus, au quotidien et au plus proche du terrain par la secrétaire de l’UD, Madeleine Thiébault. Janine Lecot – Lothoré , secrétaire
fédérale chargée du secteur s’est également fortement mobilisée avec Rafaël Nedzinski, Secrétaire Général de la FGTA –FO, elle a obtenu la
collaboration de Jean-Claude Mailly, Secrétaire Général de FO, qui s’est totalement engagé dans cette affaire, qu’il considérait comme emblématique du
manque de respect de la liberté syndicale dans notre pays.
Au quotidien les conseils juridiques et techniques, la participation
aux réunions, les interventions de l’inspecteur du travail – qui a failli prendre des coups lorsqu’il a suggéré à la direction d’assouplir sa position –
n’ont pas manqué.
Devant le « manque d’enthousiasme et de coopération » de la
direction, Jean-Claude Mailly a saisi Gérard Larcher, alors ministre du travail, de la question. Il a écrit à Michel Edouard Leclerc, dont on ne peut
pas dire que la réponse fut particulièrement pertinente et motivée. Faisant semblant de ne pas comprendre et peu enclin à recevoir le Secrétaire Général de
FO, il évoquait une manipulation, parfaitement orchestrée selon lui, à laquelle Jean-Claude Mailly se serait laissé prendre
(sic)…
Dès lors il fallait frapper un grand coup. Le 12 mars 2007, à
l’initiative de FO un rassemblement des syndicats de la grande distribution, toutes enseignes confondues, réunissait plus de 500 personnes venues par
solidarité avec l’équipe de Vandoeuvre devant les locaux de la centrale d’achat de Leclerc à Ivry sur Seine. Il s’agissait de donner un coup de
semonce à M.E. Leclerc pour sa pratique anti syndicale sur de nombreux sites.
Enfin, pour faire face aux difficultés de communiquer avec les salariés et permettre une
information complète sur le rôle du syndicat et l’importance des futures élections professionnelles, un DVD d’une vingtaine de minutes a été réalisé et
remis à l’ensemble des salariés. .
La victoire au bout du
chemin
Depuis lors les élections ont eu lieu le 13 mars 2007 et le syndicat
FO a trouvé toute sa place avec l’obtention de 50% des sièges à pourvoir au sein du CE. 40% des salariés ont osé franchir la porte du bureau de vote
. Laissons parler Yannick Poirot :
« Depuis la manifestation à
Paris tout va beaucoup mieux. La direction respecte beaucoup les élus du CE et les salariés. Les réunions ont lieu à date fixe et la direction répond
le plus précisément possible à nos questions. Sur de nombreuses questions les avancées sont notables : organisation du travail, achat de
tripales et machine à découper, passage du temps partiel à temps complet pour ceux qui le souhaitaient, suppression des coupures interminables pour les
caissières, un samedi de repos par mois…Les négociations salariales ont permis d’obtenir des revalorisations pour tous. Octroi d’un bon d’achat de 50 € net
par salarié.
Les élus syndicaux on retrouvé
des conditions de travail normales et l’un d’entre eux a même retrouvé une prime qui lui avait été supprimée lors de la création du
syndicat.
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Pour la FGTA FO à double titre
cette affaire est exemplaire.
En premier lieu il ne s’agissait
pas, comme cela a été dit, pour le syndicat et les salariés « de bouffer du patron », mais de voir reconnus les droits et la dignité
des salariés, ce qui a été obtenu. L’objectif de FO n’est certainement pas de détruire l’entreprise et ses dirigeants mais au contraire de concourir à son
bon fonctionnement et à sa progression. Comment l’entreprise peut -elle imaginer de fonder sa richesse sur une ressource qu’elle
épuise ?
En second lieu c’est la
démonstration que l’action paye et que lorsque les salariés se mobilisent, avec l’appui du syndicat, la victoire est au bout du chemin. Il y faut
certes beaucoup d’énergie et de persévérance.
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