|
mercredi 15 avril 2009
JC. MAILLY, Sec.Gen Cgt FO
Si le gouvernement ne bouge pas...
Depuis le «sommet social» du 18 février, Force Ouvrière revendique le rétablissement de l’Allocation équivalent retraite (AER).
Rappelons que cette prestation (supprimée fin 2008), assurée par l’État, permettait aux chômeurs ayant quarante ans de cotisation, mais âgés de moins de 60 ans, de pouvoir vivre
dignement jusqu’à l’âge de la retraite. Sa suppression les faisait «basculer» vers un minima social. À différentes reprises, y compris par pétition, nous avons revendiqué son
rétablissement.
Dans une lettre du 9 avril qu’il a adressée à la Confédération, le président de la République nous donne satisfaction, ce dont nous nous félicitons, en rétablissant l’AER pour un an.
Cela concerne potentiellement 70.000 à 80.000 personnes, qui vont ainsi pouvoir retrouver respect et dignité.
Bien entendu, Force Ouvrière veillera attentivement aux modalités d’application de ce rétablissement.
Par ailleurs, le FISO (fonds d’investissement social) va voir le jour.
Il s’agit de coordonner l’action des différents intervenants (État – organismes paritaires notamment) en matière de chômage partiel, de formation qualifiante ou d’insertion des
jeunes.
Parmi les conditions émises par Force Ouvrière, nous ne voulions pas que ce fonds ait un statut juridique ou qu’il fasse l’objet de signatures d’engagement, ce qui aurait conduit à une
tutelle de l’État sur les organismes paritaires.
Tel qu’il est construit, ce fonds répond à notre demande, c’est une structure souple de coordination. Il faudra maintenant veiller, lors de ses interventions, à ce qu’il y ait des
contreparties exigées de la part des entreprises et des employeurs.
Par ailleurs, nous avons souligné qu’il fallait aussi tout mettre en œuvre pour créer des emplois. Or, force est de reconnaître que, sur cette question qui touche à la crise du système
capitaliste et à la politique économique menée, nous sommes en forte divergence avec les pouvoirs publics et le patronat.
En particulier nous revendiquons, pour des raisons sociales et économiques, une augmentation
substantielle du pouvoir d’achat des salaires et retraites, indispensable pour la dignité, la justice sociale et une relance de la consommation, donc de
l’emploi. Là-dessus, il faut être clair: la satisfaction des revendications passe par le rapport de forces et, si le gouvernement ne bouge pas, il y aura un appel commun à 24 heures de
grève franche, proposition soumise par Force Ouvrière aux autres organisations syndicales.
L’actualité a aussi porté sur ce qu’on appelle les «séquestrations» de dirigeants d’entreprise.
Comme je l’ai expliqué dès le début, il faut comprendre les salariés qui ne réclament rien d’autre que de pouvoir négocier et conclure. Ce n’est certes pas
un mode d’action privilégié et il doit se faire dans le calme et sans violence (ce qui est le cas jusqu’à ce jour), mais c’est en quelque sorte ce que j’appelle le «piquet de
négociation».
Un enfant turbulent peut se retrouver au piquet. Pourquoi ne serait-ce pas le cas quand des employeurs ne veulent pas négocier?
J’ai en mémoire plusieurs exemples de «violence» sociale. Je pense par exemple à des salariés et militants Force Ouvrière d’une entreprise du Nord (Norzinco) qui, fin 2008, ont dû
coucher dans l’entreprise et dans le froid plusieurs jours pour pouvoir négocier.
Comme nous le disons depuis plusieurs semaines, à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles; à crise grave, il faut répondre à l’urgence sociale. L’emploi, les salaires et les
services publics en font indubitablement partie.
Source Cgtfo.fr
|