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La Bataille continue - Le Blog-note InFOrmatif - Un blog d'actualités sociales, juridiques et syndicales pour communiquer, faire connaître et partager nos expériences au service des salariés de la grande distribution et du commerce. En général faire valoir les positions syndicales de FO sur l'actualité sociale, tant Française qu'Internationale.

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CONSOMMATION |
De 2010 à 2012, la Direction départementale de la protection des populations de l'Oise a mené l'enquête dans les enseignes de hard discount. 80 % d'entre eux étaient en faute.

Ils tirent sur les prix, mais aussi sur d'autres critères. Lidl, Aldi, Leader Price, Netto, Dia... Les enseignes de hard discount du département ont été soumis, durant deux ans, à une enquête approfondie, menée par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de l'Oise. « Parmi les infractions les plus fréquemment repérées, des produits dont la date limite de consommation est dépassée, dans des proportions plus ou moins importantes. Mais aussi des relevés de températures non respectés ou des meubles froids défectueux ou mal réglés », explique Patrick Drouet, directeur de ce service.

Sur les 148 supermarchés et hypermarchés de l'Oise, 75 sont des enseignes de maxi discount, dont une grande partie est concentrée dans l'arrondissement de Clermont. Une proportion importante pour un département comme l'Oise, selon la DDPP, qui méritait qu'elle s'y intéresse.
 
Deux fermetures en 2010
 
En 2010, deux magasins du genre avaient fermé dans l'Oise, à cause des conditions d'hygiène non respectées. Le premier, à Clermont, sous l'enseigne ED, a rouvert depuis, devenu Dia. La présence de rats justifiait une telle mesure. « On leur a imposé de faire des travaux importants pour se mettre en règle et rouvrir. C'est à partir de ce constat que nous avons décidé de mener plusieurs actions de contrôle dans tout le département », justifie Patrick Drouet.

Au centre de l'enquête, le respect des règles de sécurité sanitaire par ces enseignes. Durant deux ans, tous les magasins concernés ont reçu, au moins une fois, la visite des agents de la DDPP. Au début de l'enquête, en 2010, 80 % des établissements contrôlés étaient en infraction lors du premier passage. Parmi eux, une majorité s'est vue adresser « 47 rappels de réglementation sans qu'un procès verbal ne soit dressé ». Pour 12 enseignes, le procès verbal était nécessaire, ainsi qu'un second passage de la DDPP.

Trois supermarchés ont reçu des mesures correctives à cause de manquements graves. « Pour maintenir leur activité, on les a obligés à entreprendre des travaux, nettoyer leurs locaux, former le personnel », ajoute Patrick Drouet. Deux ont été obligés de fermer leurs portes. Pour les 25 établissements concernés par les infractions les plus lourdes, un deuxième contrôle s'est imposé - voire encore un troisième - qui, dans plus de la moitié des cas a encore révélé des fautes.

En parallèle, la DDPP a décidé de vérifier aussi si les supermarchés hard discount respectaient l'information aux consommateurs. Sur les 48 contrôles effectués, 60 % étaient dans l'erreur. L'affichage des prix, le non-respect des opérations promotionnelles et une certaine publicité mensongère ont été épinglés.

Sur des deux années passées à contrôler les « hard discounter », la DDPP a constaté des améliorations. « Souvent, sur les matériels et les locaux. Mais le nombre de personnel reste toujours restreint, affectés à plusieurs tâches. Le turn-over des responsables de magasins reste important », souligne Patrick Drouet.

Dans ce secteur où la guerre des prix fait rage, d'autres fermetures peuvent intervenir, cette fois de manière définitive. C'est ainsi que le Lidl de Breuil-le-Vert a mis la clef sous la porte, le 29 décembre dernier. Si le respect des règles sanitaires n'était cette fois pas en cause, le magasin n'a pu résister à la concurrence : celle des autres discounts mais aussi celle des grandes surfaces qui ont désormais leurs propres marques à petits prix.
 
Discrétion sur les contrôles
 
Rien n'oblige les enseignes à informer leurs clients de ces contrôles. Sur place, elles restent assez discrètes sur le sujet. Certains responsables de magasins nous renvoient vers leur direction générale en banlieue parisienne pour communiquer. D'autres répondent franchement qu'ils ne se souviennent pas d'avoir fait l'objet d'une telle procédure de la DDPP. « Hormis un contrôle de marchandises après l'affaire Spanghero, je n'ai pas connaissance d'une décision concernant notre magasin », livre le responsable du Lidl, de la rue Bracheux, à Beauvais.Même constat d'oubli visiblement chez Dia, dans la rue Pierre-et-Marie-Curie à Beauvais. Ici, on ne sent pas particulièrement visé par des manquements. « Tous les matins, je vérifie les températures des meubles froids, insiste une employée. Il y a des réparations et de l'entretien ». La même qui consent avoir déjà laissé dans son rayon un produit frais périmé. « Mais ce n'était vraiment pas volontaire. »
 
MÉLANIE CARNOT ET SYLVIE MOLINÈS

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