FO ASSUME PLUS QUE JAMAIS SES RESPONSABILITÉS
La
centrale syndicale s’est opposée formellement au projet d’accord UNEDIC du 23 décembre 2008. Sa décision est motivée notamment par le mauvais traitement des travailleurs précaires
et des jeunes sans emplois qui semble émouvoir aujourd’hui M. Sarkozy.
Jeudi, au cours de sa prestation télévisée, le président
Nicolas Sarkozy a confirmé la volonté du gouvernement de valider le projet d’accord sur l’assurance-chômage du 23 décembre 2008 devant fixer les règles d’indemnisation de
l’UNEDIC. La décision est d’autant plus ubuesque que, dans le même temps, il a assuré que «l'Etat est prêt à faire un effort» pour «mieux protéger» les jeunes demandeurs d’emploi
en fin de CDD du fait de la crise économique. Et, ce alors même que le traitement du chômage des jeunes et le sort des salariés précaires figurent parmi les raisons qui ont poussé
quatre centrales syndicales sur cinq à ne pas signer ledit projet d’accord . FO a ainsi bien fait de le rappeler mercredi dans son courrier notifiant officiellement son
droit d'opposition.
Dans cette lettre adressée au patronat (MEDEF, CGPME et UPA), FO déplore en effet que les négociations sur l’assurance chômage n’aient pas abouti à «une profonde réforme du
système contributif» via une hausse des cotisations des entreprises qui usent et abusent des emplois précaires. Pour lutter contre la précarité, la confédération aurait souhaité
entre autres instituer une contribution modulée en fonction de la durée du contrat de travail dans l'entreprise, une «meilleure indemnisation pour les salariés en
multi-employeurs» et un système de «mutualisation des droits à indemnisation» pour les salariés qui retrouvent un emploi sans avoir consommé l'intégralité de leurs droits.
Quant aux jeunes sans droits à l’assurance-chômage, FO fustige, dans sa notification, l’attitude du patronat qui «n'a pas respecté les engagements pris dans le cadre de l'Accord
national interprofessionnel sur 11 janvier 2008» sur la modernisation du marché du travail dans lequel il était prévu de créer «une allocation spécifique pour les salariés de
moins de 25 ans», qui aurait bénéficié à 40.000 d'entre eux.
Plus généralement, avec les nouvelles règles, «si environ 100.000 demandeurs d’emploi supplémentaires seront indemnisés (...), plus de 500.000 autres allocataires verront leur
durée d'indemnisation amputée», et «en moyenne, les gains d'indemnisation sont évalués à 1,4 mois alors que les pertes sont évaluées à 4,1 mois», s’alarme FO alors que la centrale
avait plaidé tout au long des négociations pour «une amélioration substantielle de la couverture des salariés privés d'emploi», à travers une hausse importante de
l'allocation.
Comme FO, la CGT s'est aussi opposée formellement à l'accord tandis que la CGC et la CFTC ne l'ont pas signé sans émettre, in fine, leur veto. Même si l’opposition de trois
syndicats était nécessaire pour pouvoir empêcher son entrée en vigueur, l’exécutif ferait bien de renoncer à le valider en appelant les interlocuteurs sociaux à rouvrir les
négociations. Ne serait-ce que pour se mettre en adéquation avec les déclarations présidentielles…