La Bataille continue - Le Blog-note InFOrmatif - Un blog d'actualités sociales, juridiques et syndicales pour communiquer, faire connaître et partager nos expériences au service des salariés de la grande distribution et du commerce. En général faire valoir les positions syndicales de FO sur l'actualité sociale, tant Française qu'Internationale.
Après la reprise de huit anciens supermarchés Dia appartenant à Carrefour par un groupe polonais, 47 employés du groupe en France n’ont pas été payés depuis deux mois.
C'est le cas de Caroline Rosew, salariée du magasin de Lille Molinet.
Depuis deux mois, c'est la galère pour les salariés de huits anciens supermarchés Dia. Comme 46 autres collègues, Caroline Rosew, salariée de l'ancien Dia de la rue Molinet à Lille, ne touche pas de salaire de son nouvel employeur, le groupe Gastt.
En mai, suite à l'avis de l'Autorité de la concurrence, le Français Carrefour avait été contraint de céder ses magasins sous enseigne Dia à ce groupe polonais. Mais le changement de direction ne s'est pas passé comme prévu.
Dans un premier temps, les deux salariées du supermarché Dia de Lille-Molinet sont convoquées par un responsable de Gastt.
"On nous a expliqué un projet de transformation du magasin", raconte Caroline Rosew contactée mardi 13 septembre par LCI.
"Des ouvriers ont pris des mesures dans notre supermarché. On nous a également demandé de nettoyer le magasin afin que des travaux puissent commencer dès la semaine suivante".
Mais la semaine d'après, rien ne se passe.
"Fin juin, je réussis à rencontrer un responsable du groupe qui me promet une ouverture du supermarché pour le 14 juillet."
Les jours se suivent et le groupe ne donne pas de nouvelles.
"On passe des mails, des coups de fil. Un homme, Monsieur Traska, qui se présente comme l'un des responsables de la société nous rassure alors une nouvelle fois en nous promettant qu'une ouverture aurait lieu le 25 août. Il nous affirme que l'on peut partir en congé tranquillement."
Quand on est à bout, on tente tout.
Début août, pourtant, l'inquiétude monte pour les salariées de Lille, quand elles ne voient pas le chèque correspondant à l'activité du mois de juillet arriver, comme 45 autres collègues.
"Déjà, le salaire de juin avait été payé en retard", pointe Caroline Rosew.
"Cette fois, ils nous envoient plusieurs mails, nous affirment d'abord qu'ils nous paieraient par virement, puis par mandat cash et enfin en liquide. Ils nous convoquent même à Paris pour toucher l'argent mais les salariés qui se déplacent ne reçoivent rien."
"A partir de là, on a commencé à s'alarmer. On s'est rapproché des syndicats."
"C'est FO qui s'est occupé de nous et a pris en charge nos dossiers"
Une action en justice est alors lancée contre Gastt pour tenter de récupérer la paie des salariés des huit supermarchés concernés et demander que la justice constate la cessation de paiement de la société. "On a envoyé des courriers à l'autorité de la concurrrence, au ministre de l'Economie et même à François Hollande.
"Quand on est à bout, on tente tout", ajoute Caroline Rosew.
Certains salariés interdits bancaires
Car tant que la justice ne statue pas, les salariés sont coincés.
"On attend d'être enfin libérés de cette société. Car tant que ce n'est pas fait, nous ne pouvons pas nous inscrire au chômage ou travailler ailleurs. On est toujours sous contrat. Nous n'avons plus de mutuelle non plus car la nôtre était celle de l'entreprise. Moi, ma banque me suit, j'ai de la chance. Mais certains salariés sont dans des situations beaucoup plus compliquées. Certains sont interdits bancaire."
Caroline, désabusée, l'est aussi envers son ancien employeur, Carrefour : "On nous avait revendu à cette société en nous disant qu'elle avait les reins solides, que c'était un groupe fiable, qu'elle avait un projet d'enseigne intégré".
Contacté par 20 minutes, fin août, le dirigeant de Gastt, Adam Kuzmicz avait indiqué que les fonds étaient bloqués chez le notaire.
"J’ai tout fait pour les débloquer mais le notaire était en vacances… Vous savez, la France, l’été, c’est compliqué", avait-il précisé, ajoutant qu'il s'engageait à payer les salariés." Le tribunal de commerce de Paris, qui a convoqué le groupe, dont il assurait par ailleurs la solidité, doit se prononcer ce jeudi.
En 2014, le groupe Carrefour annonçait le rachat des magasins Dia
Sourcing: LCI
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