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  • : La Bataille continue - Le Blog-note InFOrmatif - Un blog d'actualités sociales, juridiques et syndicales pour communiquer, faire connaître et partager nos expériences au service des salariés de la grande distribution et du commerce. En général. faire valoir les positions syndicales de FO sur l'actualité sociale, tant Française qu'Internationale.
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Que signifie communiquer ? demanda le petit prince.


"C'est une chose trop oubliée, ça signifie créer des liens, 
répondit le renard."


Le Petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry

 

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La lutte qu’il a menée pendant quarante ans pour les revendications ouvrières ne fut pas vaine puisqu’elle a abouti à de magnifiques résultats.

La lutte qu’il a menée pendant quarante ans pour les revendications ouvrières ne fut pas vaine puisqu’elle a abouti à de magnifiques résultats.

Il joua un rôle important dans l’éducation syndicale des travailleurs du Livre en formant leur conscience et par son constant désir de perfectionnement il combattait l’ignorance, les faiblesses et les maux.

Il joua un rôle important dans l’éducation syndicale des travailleurs du Livre en formant leur conscience et par son constant désir de perfectionnement il combattait l’ignorance, les faiblesses et les maux.

20 avril 1851

 

Naissance d’Auguste Keufer

 

Édouard Dolléans me disait que Keufer avait de belles vertus humaines et une personnalité mise en relief par ses activités multiples et son noble idéalisme.

 


La lutte qu’il a menée pendant quarante ans pour les revendications ouvrières ne fut pas vaine puisqu’elle a abouti à de magnifiques résultats.


Le syndicalisme pour Keufer n’était pas seulement un principe, mais une arme puissante dont il se servit contre le capitalisme pour changer la condition de vie des travailleurs du Livre.

 


Il quitte l’Alsace à 19 ans, après l’invasion de 70 et travailla comme typographe dans plusieurs villes. La vie des ouvriers était pénible à l’époque. Il se joignit à ses compagnons qui se révoltaient de leur misère et pour demander un salaire plus équitable.

 


Son œuvre syndicale débuta après la grève parisienne de 1878, par l’organisation des travailleurs du Livre. L’intelligence et la ténacité avec lesquelles il accomplissait son travail difficile et délicat lui gagnèrent la confiance et l’admiration de ses compagnons.

 


Le Congrès constitutif de la Fédération du Livre en 1881 le désigna au Comité central. Plus tard, en 1884, il fut nommé secrétaire général de la Fédération dont il devint l’ardent animateur. Son activité consistait dans propagation des principes syndicalistes et dans la création des sections locales.

 

D’esprit pratique, il recherchait l’utilité de toutes ses actions. Ennemi de la violence et de la démagogie périlleuse et guidé par son bon sens et par son amour de la justice, il essayait de résoudre les conflits corporatifs par la conciliation. Il admettait la grève que lorsqu’elle était inévitable.

 

 


Au cours de sa vie militante, Keufer connut les critiques injustes et les obstacles qu’il surmonta toujours par son dévouement à la cause de la classe ouvrière.

 


En 1886, quand il y eut la scission dans la section parisienne de la Fédération du Livre, Keufer employa toute son énergie pour rétablir la situation et si cette Fédération devint une organisation importante, c’est grâce à lui.

 

Par son esprit de décision et sa fermeté, il était un exemple pour ceux qui devaient continuer son œuvre. partout, il était à la hauteur de son tâche.

 

Il participa dans le Conseil supérieur de l’Enseignement technique avec l’intention de développer la valeur professionnelle des travailleurs. Vice-président du Conseil supérieur du Travail, il s’occupa de la protection des femmes et des enfants à l’usine ; proposa des mesures contre les accidents du travail, et fit adopter la loi de 8 heures, la loi sur les assurances sociales.

 


Ce grand syndicaliste, dont l’activité était basée sur l’utilité de l’expérience, était aussi un idéaliste qui croyait dans les bienfaits du progrès.

 

Influencé dès sa jeunesse par la philosophie positiviste d’Auguste Conte, il comptait transformer la société par le perfectionnement moral de l’individu en développant en lui le sentiment de la liberté et de la justice. Il croyait que la réforme de la moralité de la conscience et des idées était plus susceptible de modifier l’organisation sociale que la réforme des lois.

 


Dans la lutte, la sagesse et la détermination le conduisaient ; hostile aux vagues formules, il s’efforçait de convaincre ses adversaires par des arguments pertinents.

Sans haine et sans rancune, il agissait toujours dans un esprit de fraternité et de courtoisie et désirait qu’il y eût entre les ouvriers une sympathie et une compréhension réciproques.

 


Il joua un rôle important dans l’éducation syndicale des travailleurs du Livre en formant leur conscience et par son constant désir de perfectionnement il combattait l’ignorance, les faiblesses et les maux.

 


En 1895, Keufer prit part à la constitution de la Confédération Générale du Travail et jusqu’à sa mort il resta attaché à la CGT.


Keufer demeure une belle preuve de courage, d’intelligence et de dévouement au service de la classe ouvrière.

 

 

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°686, daté du jeudi 30 avril 1959.

Keufer demeure une belle preuve de courage, d’intelligence et de dévouement au service de la classe ouvrière.

Keufer demeure une belle preuve de courage, d’intelligence et de dévouement au service de la classe ouvrière.

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Le 08 avril 1948    Mort de Paul Delesalle

Le 08 avril 1948 Mort de Paul Delesalle

Paul Delesalle

 

Très jeune, il s’oriente vers l’anarchisme. Sa participation au mouvement libertaire, à Paris, est attestée à partir de 1891. En 1893, il adhère à la Chambre syndicale des ouvriers en instruments de précision de Paris. Il milita dans l'organisation syndicale.

 

Proche de l'anarchiste Jean Grave, en 1897 il devient secrétaire adjoint de la Fédération des Bourses du travail, en même temps que secrétaire adjoint de la CGT. Il participe au congrès d'Amiens à l'écriture de la charte d'Amiens et est considéré comme un des fondateurs de l'anarcho-syndicalisme.

 

À partir de 1907, Delesalle devient éditeur et il publiera de nombreux ouvrages et brochures syndicalistes et anarchistes jusqu'à sa mort. Il avait ouvert une librairie militante, rue Monsieur-le-Prince au Quartier Latin.

Georges Sorel, qui fut son ami, s'y rendait souvent pour causer.

 

 

Ébloui par la révolution russe, il adhère au Parti communiste à ses débuts, tout en restant syndicaliste révolutionnaire et libertaire, puis le quitte rapidement.

En 1932, victime d'une crise dépressive, il vend sa librairie et se retire dans une modeste maison à Palaiseau, où entouré de ses livres, il se consacre à des ouvrages d'histoire sociale.

De 1935 à 1944, il est adhérent de la SFIO.

 

L'historien français Jean Maitron lui a consacré une biographie intitulée Paul Delesalle - Le syndicalisme révolutionnaire (Éditions Ouvrières, 1952, 170 p ; nouvelle édition : Fayard, 1985, 207 p).

 

Sa sœur cadette, Marguerite Delesalle, fut une actrice de théâtre célèbre sous le nom de Monna Delza.

08 avril 1948  Mort de Paul Delesalle

Le 08 avril 1948

 

Mort de Paul Delesalle


Très jeune, il prit part à l’action revendicative de la classe laborieuse. Intelligent, probe et actif, Delesalle avait les qualités d’un vrai militant. Guidé par ses convictions libertaires, il étudia dans les Temps Nouveaux et dans la Voix du Peuple, les problèmes de la condition ouvrière.

 

Comme secrétaire adjoint de la Fédération des Bourses et simultanément secrétaire général adjoint de la CGT, Delesalle participait au début du siècle, à toutes les grandes actions du mouvement syndical.

 

Il soutint le principe de la grève générale, fut un des artisans de l’Unité de la Fédération des Bourses et de la CGT, lutta pour la journée de 8 heures et le repos hebdomadaire.

 

En outre, il mena une propagande antimilitariste passionnée et courageuse. Il fut plusieurs fois emprisonné pour ses idées révolutionnaires et pour sa propagande corporative.

Bien qu’après dix ans de vie militante Delasalle démissionna en 1908, il n’en reste pas moins une des plus grandes figures du mouvement syndical français.

Quelques bourses du travail, Paris, Lyon, Toulon,......
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29 mars 1896  Mort de Léo Frankel
29 mars 1896  Mort de Léo Frankel

29 mars 1896

Mort de Léo Frankel


Défenseur courageux et opiniâtre de la classe ouvrière, Léo Frankel fut membre de la Commission du Travail d’abord, puis délégué au ministère du Travail et à l’Echange pendant la Commune de Paris.

On peut le considérer comme un des premiers législateurs des revendications et des droits ouvriers.

 

Il préconisa la collaboration étroite entre la Commune et les corporatives ouvrières. Jugés aujourd’hui, ses projets de lois, restés sans application à cause de la défaite de la Commune et ses décrets, signés par lui et promulgués en faveur des ouvriers, ont été des intentions généreuses et des actes révolutionnaires, quand on songe dans quelles circonstances matérielles et sociales inhumaines vivait jusqu’alors le prolétariat français.

 

Frankel fait une enquête approfondie sur la situation économique des ouvriers.

 

Puis il ouvre dans les mairies des vingt arrondissements de Paris des bureaux d’embauche.

Par un décret, il ordonne que les ateliers abandonnés par les patrons seront dirigés par les coopératives ouvrières et que les propriétaires anciens seront indemnisés. Vient ensuite un autre décret qui interdit les amendes et les retenues sur les appointements et salaires dans les administrations publiques et privées et restitue celles qui avaient été perçues depuis le 18 mars.

 

Frankel promulgue encore deux décrets importants sur l’interdiction du travail de nuit dans les boulangeries et sur la liquidation du Mont-de-Piété qu’il propose de remplacer par « une organisation sociale qui donnerait aux travailleurs des garanties réelles de secours et d’appui en cas de chômage et de maladie ».

 

C’est Frankel qui, en application de ses principes syndicalistes, a déterminé le salaire minimum et la durée du travail des ouvriers des Ateliers du Louvre.

 

Notons, dans cet ordre d’idée, une innovation théorique et vraiment audacieuse de Frankel qui avait proposé pour eux la journée de 8 heures ! mais c’est la journée de 10 heures qui fut adoptée.

 

Disons enfin que Léo Frankel était le promoteur de l’éducation ouvrière.

 

Son rôle créateur est indéniable et marque un pas décisif dans l’évolution de la condition sociale et économique des travailleurs français.

 

Sourcing: FO Hebdo 

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Chronologie du droit de vote des femmes en France
Chronologie du droit de vote des femmes en France

Chronologie du droit de vote des femmes en France

 


Le suffrage, longtemps réservé aux hommes, n’est devenu réellement universel en France qu’en 1944.

 

Voici l'historique de cette lutte :

 

13 mai 1849 : Jeanne Deroin, institutrice, tente en vain de se présenter aux élections législatives.

 

Printemps 1871 : la "Commune de Paris" reconnait les droits politiques des femmes.

 

Cette courte période insurrectionnelle (du 18 mars au 28 mai 1871), marque l'arrivée massive des femmes sur l'arène politique et dans l'engagement révolutionnaire.

Elles vont s'investir par milliers durant les 72 jours qu'elle va durer et y jouer un rôle fondamental.

 

 

En 1876 : Hubertine Auclert, journaliste, fonde le premier groupe suffragiste français : "le droit des femmes".

 

 

Le 9 décembre 1903 : un vote unanime du Parlement rejette l’égalité politique

 

En 1914 : organisation d’un "vote blanc", sondage auprès des femmes sur leur désir de voter. Plus de 500 000 réponses favorables.

 

À plusieurs reprises, de 1919 à 1940 : des propositions de loi en faveur du vote des femmes sont votées par la Chambre des députés, avant que le Sénat ne les rejettent, soit en repoussant indéfiniment leur examen, soit en s'y opposant par le vote.

Ces différentes propositions de loi visent selon les cas à octroyer le suffrage « intégral », pour toutes les élections, ou le suffrage « partiel », pour les seules élections locales.

 

20 mai 1919 : vote en faveur d'une proposition de loi pour le suffrage intégral des femmes par 344 voix contre 97.

 

21 novembre 1922 : Trois ans et demi après son vote à la Chambre, la proposition est rejetée au Sénat par 156 voix contre 134.

 

7 avril 1925 : la Chambre des députés adopte par 390 voix contre 183 une proposition de loi en faveur du suffrage des femmes lors des élections municipales et cantonales.

 

12 juillet 1927 : résolution de la Chambre des députés « invitant le Gouvernement à hâter, devant le Sénat, la discussion du projet de loi voté par la Chambre des députés concernant le suffrage des femmes aux élections municipales » (396 voix contre 94).

 

A chaque fois, il s’agit d’un coup d’épée dans l’eau : aucun de ces votes n’aura de suite, en raison de l’obstruction du Sénat.

 

Le 19 juin 1928, 21 mars 1929, 26 juin 1931 : refus par trois fois du Sénat de mettre la question du vote des femmes à l'ordre du jour.

 

Le 30 juillet 1936 : la Chambre des députés se prononce à l'unanimité pour le suffrage des femmes (475 contre 0). Le texte n'est jamais inscrit à l'ordre du jour du Sénat.

 

Le 4 Juin, Blum nomma pourtant trois femmes dans son gouvernement (sous-secrétaires d’État, et non pas ministres, il ne faut pas trop en demander quand même !) : Suzanne Lacore, Irène Joliot-Curie et Cécile Brunschvicg.

 

Le 21 avril 1944 : le général de Gaulle ratifie une ordonnance qui prévoit le vote des femmes et leur éligibilité.

Chronologie du droit de vote des femmes en France
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Liste des catastrophes du bassin minier Nord – Pas-de-Calais
Liste des catastrophes du bassin minier Nord – Pas-de-Calais

Liste des catastrophes du bassin minier Nord – Pas-de-Calais

 

Les débuts de l’exploitation de la houille révèlent une dure réalité 
La mine tue.  

 

Vous trouverez ici la liste hélas, beaucoup trop longue, des événements dramatiques qui ont marqué l’activité minière dans la région Nord – Pas de Calais.

 

La découverte du gisement de surface d’Hardinghem dans le Boulonnais en 1662, ou de charbon maigre à Fresnes sur Escaut le 3 février 1720 n’avaient pas donné lieu à une activité minière très intense.

L’exploitation commence réellement avec la découverte de la « charbon gras » au pavé de Condé le 24 juin 1734, peu de temps après, le sous sol régional fait ses premières victimes.

 

Le vendredi 16 juillet 1756 : la première catastrophe a lieu à la fosse du Gros Caillou de la Compagnie des mines d’Anzin à Vieux-Condé.

 

11 mineurs périrent dans cet accident sur les 31 occupés sur ce chantier, les vingt autres furent sauvés par leurs camarades, occupés dans d’autres galeries.

À la surface, le sol trembla et un mur s’écroula. Les bâtiments du carreau de la fosse furent ébranlés.

 

 

Les catastrophes minières du 19ème siècle 

 

En 1805 : fosse Saint Roch de la Compagnie des mines d’Anzin à Vieux-Condé, un incendie à l’accrochage à 53 mètres de profondeur fit 11 victimes. Cet étage d’extraction fut définitivement fermé.

Le cuvelage était tellement en mauvais état que le puits fut remblayé en octobre 1811.

 

La fosse « La Pensée » de la Compagnie des mines d’Anzin à Abscon ouverte en 1922 a été frappée par deux coups de grisou.

Celui du mercredi 9 avril 1823 dû à une lampe à flamme nue causa la mort de 22 mineurs.

Celui du samedi 26 juin 1824 entraîna la mort de 20 mineurs.

 

En juillet 1856 : à Vieux Condé, un coup de grisou d’origine inconnue fait 11 morts.

 

En 1868 : Fosse 2 à Oignies, un coup de grisou d’origine inconnue a tué 4 mineurs.

 

Le jeudi 18 novembre 1869 : Fosse 1 à Bully : 19 asphyxiés suite à un incendie de boisage.

 

Le samedi 3 février 1872 : Fosse 1 à Bauvin. La cage retombe dans le puits (les parachutes n’étaient pas encore usités) : 8 morts.

 

En juin 1873 : Fosse 2 à Auchy-au-Bois, un coup de grisou d’origine inconnue causa la mort de 7 ouvriers.

 

En janvier 1875 : Fosse 3 de Pont de la Deûle, la chute au fond du puits fit 5 morts.

 

En 1876 : Fosse Soyez à Roost-Warendin,  à cause de la rupture des guides 2 cages se rencontrent dans le puits. 13 morts.

 

Le dimanche 13 août 1882 : Fosse 3 à Liévin, un coup de grisou d’origine inconnue fait 8 morts.

 

Le mercredi 24 janvier 1883 : La fosse 7 à Courcelles-les-Lens fit 4 morts.

 

En Août 1884 : Fosse 2 à Ferfay, un coup de grisou, amplifié par l’explosion d’une dynamitière (lieu de stockage des explosifs) au fond, fait 17 morts.

 

Le mercredi 14 janvier 1885 : Fosse 1 à Liévin ; 28 morts.

 

Le dimanche 7 Juin 1885 : Fosse 1 à Nœux, un coup de poussières tue 3 mineurs.

 

Le vendredi 21 août 1885 : Fosse 7 à Courcelles-les-Lens, un coup de grisou fait 10 morts.

 

En novembre 1900 : L’explosion de dynamite à la fosse Fénélon d’Aniche tue 21 personnes.

 

Le dimanche 13 janvier 1901 : La mine emporte 4 personnes à Lourches.

 

En mars 1901 : Fosse 1 à Hénin-Liétard, un coup de grisou fait 7 morts.

 

La plus importante catastrophe minière d’Europe 

 

Le samedi 10 mars 1906 à Courrières, un coup de grisou suivi d’un coup de poussier provoque  la mort de 1.099 mineurs.

 

Article détaillé, suivre le lien sur note Blog:

http://foed.over-blog.com/2017/03/10/03-c-est-arrive-un-certain-10-mars-de-notre-histoire.html

 

 

Les autres catastrophes minières du 20ème siècle

 

Après la catastrophe de Courrières, chaque alerte provoque une inquiétude encore plus forte des familles de mineurs.

 

En janvier 1907 : Fosse 5 à Calonne Liévin, un coup de grisou emporte 3 mineurs.

 

Le mardi 3 septembre 1912 : fosse de la Clarence à Divion, une terrible explosion de grisou suivi d’un coup de poussier ravageur se produit en début d’après midi au changement de poste, il y eut 79 morts et 23 blessés.

 

Le lundi 16 avril 1917 : 256 mineurs se trouvaient au fond du puits numéro 9, ou fosse Warenghien d’Hersin.

Ce jour-là, les hommes s’attachaient à extraire le charbon dans la veine Berthe quand survint un coup de poussier dû à une lampe de sécurité à flamme ouverte volontairement.

42 d’entre eux ne reverront jamais le jour.

 

Le lundi 19 janvier 1920 : 17 mineurs trouvèrent  la mort, écrasés après une  chute de plus de 50 mètres !

La chute de cage de la fosse de Rœulx à Escaudain était due à la rupture d’un arbre de machine d’extraction défaillant.

 

Le mercredi 31 juillet 1929 : Fosse 8 à Courcelles les Lens, un coup de grisou fait 8 morts

 

Le mercredi 21 août 1929 : un éboulement à Auchy-les-Mines emporte 3 vies.

 

Le vendredi 19 janvier 1940 : La fosse 4 de Noyelles-Godault : 8 morts

 

Le samedi 28 septembre 1940 : Vers 18 H 15, un avion militaire allemand, lâche 5 bombes au dessus de la fosse dont une provoque un coup de poussier.

Ce drame a fait trente-quatre morts sur le coup (ou des suites de leurs blessures), et 16 blessés.

 

 

 Catastrophe minière coup de grisou

 

Le mardi 2 mars 1943 : un coup de grisou à la fosse n° 9 fait 16 morts et 6 blessés. Pourtant, la présence de ce gaz n’avait été qu’exceptionnellement constatée dans le secteur. L’accident s’est produit dans une taille au moment d’un tir de mine pour faire tomber le toit.

 

Le jeudi 23 mars 1944 : fosse 9 d’Oignies vers 15 h 30 une explosion de grisou se produit au pied de la deuxième voie descendante de Ste Michelle. 6 ouvriers moururent des suites de leurs blessures dans les jours qui suivirent.

 

Le vendredi 21 décembre 1945 : fosse 15 de Loos-en-Gohelle, une taille s’effondre à 432 mètres de profondeur et emporte 9 ouvriers.

 

Le jeudi 28 mars 1946 : 76 hommes de la veine 16 de la fosse 1 d’Ostricourt sont descendus pour se rendre à leur lieu de travail distant de 2 km du puits. Ils cheminent dans les galeries et voies à 574 mètres sous terre : près de 40 minutes de marche.

II est environ 22 h 45 lorsqu’ils se trouvent à pied d’œuvre.

Parmi eux, quelques-uns sont déjà entrés dans la taille quand soudain une explosion éclate. Des bois de soutènement craquent. C’est l’éboulement accompagné d’un nuage de poussières. Le matin on compte 13 morts.

 

Le 27 août 1947 : au siège 3 d’Hénin-Liétard, une irruption d’eau occasionne un dégagement d’hydrogène sulfuré. 15 ouvriers sont intoxiqués, la plupart seront sauvés.

 


Un ouvrier ramène, à l’air libre, un galibot et retourne dans le quartier sinistré pour tenter de sauver son chef de poste.
Il tombe à son tour asphyxié. (L’ouvrier Jean-Batiste Lucas fut cité à l’ordre de la Nation).

 

Le  lundi 19 avril 1948 : dans l’après-midi, 365 mineurs travaillent au fond de la mine à Sallaumines. Il est  17 h 35, quand une violente explosion ébranle la ville. Une flamme géante sort du puits 11 suivie d’un nuage de poussières noires. Terrible bilan : 12 morts, 35 blessés.

 

Le vendredi 10 septembre 1948 : Fosse 7 à Avion, une explosion se produit, 3 galibots et 4 ouvriers mineurs y laissent la vie.

 

Le mercredi 6 avril 1949 : Fosse 11 de Grenay, une explosion fait 25 blessés et 1 mort.

 

Juillet 1949 : Fosse 21, Noyelles-sous-Lens, une explosion. 2 morts.

 

Le mercredi 7 février 1951 : Fosse 5 Bis à Bruay, Il est 9 h 30, 679 mètres sous terre, une formidable explosion retentit. L’explosion n’a pas été perçue dans les autres quartiers de la fosse éloignés de plusieurs centaines de mètres. Dans les installations du jour, on n’a rien ressenti.  Bilan : 12 morts.

 

Le mardi 12 août 1952 : Fosse Schneider de Lourches, suite à un tir de mine, une boule de feu s’engouffre dans la voie, balayant de son souffle brûlant et puissant hommes et matériels sur plusieurs centaines de mètres, ainsi que dans des galeries transversales tue 9 mineurs.

 

Janvier 1953 : Fosse 7 à Mazingarbe, un éboulement fait 2 morts.

 

Le dimanche 20 juin 1954 : C’est la ducasse de Divion, on prépare la fête. Le poste de nuit touche à sa fin à la fosse de La Clarence. Soudain, à 4 h 15, une explosion ravage la taille Rosalie. 6 blessés ainsi que les 4 morts remontés, peu après 8 heures. D’autres victimes seront remontées, des blessés décèderons, bilan final : 10 morts, 2 blessés graves.

 

Le samedi 19 janvier 1957 : Fosse 21 Harnes, à 17h15 veine Cécile 3 des secousses brutales viennent du toit de la taille en exploitation, soudain un énorme bloc de roche de 16,50m de long, 7m de large et haut de 5m se détache, renverse les soutènements et écrase 4 mineurs.

 

Le mercredi 13 mars 1957 : Fosse 6 bis, Bruay, un éboulement à 851 m sous terre tue 2 mineurs.

 

Le samedi 16 mars 1957 : Fosse 3 de Liévin, un terrible coup de grisou fait 10 morts et 4 blessés suite à un tir d’explosifs.

 

Le mardi 11 février 1958 : Fosse 4 sud de Méricourt, l’arbre du treuil d’une cage de « bure » se brise et 11 mineurs s’écrasent 65m. plus bas. Ils ont été tués sur le coup.

 

Le jeudi 21 juin 1962 : Fosse 13 d’Hulluch, il est environ 20 heures quand le toit craque brutalement dans la petite veine « Elisa » de 17 m de long.

C’est l’éboulement dans un vacarme épouvantable : un déluge de charbon, de pierres et de poussières. 6 mineurs de 23 à 28 ans y perde la vie.

 

Le mercredi 17 juin 1964 : Fosse 5 à Auchel, les 27 ouvriers installés dans la cage descendent dans le puits.

Vers le niveau -400, à la vitesse de 8 mètres /seconde, une secousse violente fît osciller la cage sur ses chemins de roulement, la chute de 250 m de la cage suite à l’ouverture d’un volet fait 5 morts.

 

Le mardi 2 février 1965 : Avion, minuit 30, les chantiers de la fosse 7 ont été ravagés par un « coup de grisou ». 21 victimes laissent 41 orphelins.

 

Juin 1968 : Fosse 13 de Sains en Gohelle. Accident de tir : 2 morts.

 

En février 1969 : Fosse 7 d’Avion, un coup de grisou : 16 tués.

 

Le lundi 24 mars 1969 : Fosse 10 à Leforest, la chute vertigineuse d’une cage fait 5 morts (5 veuves et 16 orphelins).

 

Le vendredi 28 novembre 1969 : Fosse Barrois à Pecquencourt, à près de 300 m de profondeur un éboulement se produit. 4 hommes disparaissent sous des mètres cubes de charbon et de roches.

 

Le mercredi 4 février 1970 : Fosse 6/14 à Fouquières, vers 7 heures, une explosion formidable dont le souffle brûlant plaque des hommes au sol, en fracasse d’autres contre les parois de la bowette, détruit le matériel, provoque des éboulements, dégage un nuage de poussières et fait 19 morts.

 

Catastrophe minière Fouquières Pas-de-Calais

 

Le dimanche 14 février 1971 : Fosse 4 de Lens. Chute dans le puits. 5 morts.

 

Novembre 1971 : Fosse Barois à Douai, un éboulement : 4 tués.

 

Le mercredi 10 avril 1974 : Fosse Agache, Fenain. Éboulement. 2 morts

 

Le vendredi 27 décembre 1974 : Il est 6 h 15 du matin lorsqu’une explosion retentit au fond de la fosse 3 de Lens, dite Fosse St Amé (commune de Liévin).

Un coup de grisou et un coup de poussier font 42 morts.

 

Notons aussi : 

Février 1975 : Une explosion: à la Cokerie de Drocourt tue 3 personnes.

 

Août 1975 : Terril de Quenehem, Calonne-Ricouart (fosse N° 6). Explosion du terril due au grisou accumulé  fait 6 morts.

 

 

Remerciements, Joël (2011) Beuvry, vu à Beuvry

 

Liste des catastrophes du bassin minier Nord – Pas-de-Calais
Liste des catastrophes du bassin minier Nord – Pas-de-Calais
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1er mars 1963  La grande grève des mineurs


La guerre d’Algérie terminée, la société française peut se pencher sur ses propres problèmes.

 

L’année 1963 marque le retour des revendications ouvrières et de l’action syndicale. La grande grève des mineurs en mars en est le symbole.


Depuis près de six mois, la CGT-FO tente d’ouvrir des négociations avec les Charbonnages de France sur le statut des mineurs dont le salaire n’a pas été augmenté depuis 1957.

La fédération FO des mineurs décide alors de lancer une grève du rendement le 16 janvier 1963.

Son secrétaire, André Augard, déclare : « Aujourd’hui la grève du rendement, demain la grève générale. »

 

La grève du rendement dure quinze jours, mais le premier ministre, Georges Pompidou, interdit aux Charbonnages de France d’ouvrir des négociations.

 


Le 29 janvier, la fédération FO des mineurs lance un appel à la grève générale pour le 1er février afin de débloquer la situation.

 

Le 31 au matin, la CGT emboîte le pas, mais dès le soir elle se rétracte.

 

La grève du 1er février est alors annulée.

En effet, le pouvoir vient de promettre d’ouvrir des négociations pour le 15 février. La CFTC et la CGT s’y sont tout de suite ralliées. Les raisons de la CGT sont simples. Le 2 février des accords commerciaux franco-soviétiques, prévoyant l’importation de 1,5 million de tonnes de charbon russe, doivent être signés ! André Augard déclarera : « Nous avons été trahis pour une poignée de pois chiches ».

 


FO ne participe donc pas à la réunion du 15 février qui est d’ailleurs un échec. En revanche, la fédération FO des mines est reçue par les Charbonnages de France le 19 février. Elle demande une augmentation des salaires de 11%, la semaine de 40 heures et la quatrième semaine de congés payés. Le patronat ne propose que 5,8% d’augmentation.

 


FO remonte donc au créneau et le 27 février, elle appelle à la grève générale pour le 1er mars avec pour slogan :"Pas de sous, pas de charbon". Le lendemain, le gouvernement réquisitionne les mineurs de Lorraine... et échoue totalement.

 


Le jour même, le Bureau confédéral de FO dénonce cette atteinte au droit de grève et « fait savoir qu’il ne fera aucune réponse d’aucune sorte aux invites reçues de la CGT ».

 

En effet, cette fois la CGT suit. Le 1er mars, la grève générale est bien suivie et les fédérations des mineurs FO-CFT et CGC se rencontrent pour coordonner leurs actions. Le lendemain, De Gaulle signe le décret de réquisition des mineurs du Nord et envoie les CRS sur les carreaux. Pas un mineur n’obéit. Le 4 mars, la grève est totale dans les bassins du nord, de Lorraine, de la Loire et de Provence.

Les bassins d’Auvergne, des Cévennes et les gaziers de Lacq suivent.

 


Devant la volonté des mineurs, Pompidou fonde le 13 mars un comité des sages* pour sortir de l’impasse. Le 16 mars, la première rencontre avec les syndicats est jugée décevante par FO. Le 22 mars de grandes manifestations ont lieu dans le Nord, l’Auvergne et les Cévennes. à Lens, les fédérations locales FO-CFTC-CGC-CGT manifestent côte à côte.


Finalement le 25 mars, le comité des sages propose 8% d’augmentation. Les mineurs refusent. Débordé, le gouvernement accepte les 11% le 4 avril.

Le 5, les mineurs, vainqueurs, reprennent le chemin des puits.

* Composé de MM. Massé, Bloch-Lainé et Masselin.

1er mars 1963  La grande grève des mineurs
1er mars 1963  La grande grève des mineurs
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21 février 1884  La grève des mineurs d’Anzin


Article de René Gibère paru dans Force Ouvrière n°491, daté du 7 juillet 1955.


 Ce n’était pas la première fois que les ouvriers mineurs du bassin houiller d’Anzin se mettaient en grève pour obtenir l’amélioration de leur condition d’existence.

 

Pendant les années de 1833, 1846, 1848, 1855, 1864, 1866, 1872, 1874, 1878, 1879, 1880, ils luttent et revendiquent tantôt pour des mesures de sécurité et d’hygiène dans le travail. Parfois ils atteignent leurs objectifs, mais souvent, ils se heurtent à l’incompréhension et au refus brutal de la Compagnie.

 

Au cours de ces grèves successives, les mineurs prenaient chaque fois leur responsabilité avec gravité et discernement, même lorsque la grève avait pour conséquence le licenciement.

 

Cependant, les actions revendicatives, dès le début, développèrent leur esprit combatif, leur force morale et leur sentiment de solidarité.

 


La grève qui éclata le 21 février 1884 et se prolongea jusqu’au 17 avril, fut provoquée par la Compagnie de houillère elle-même qui imposa brusquement un changement dans l’organisation du travail des mineurs.

 

En effet, la Compagnie avait décidé que :

 

1° Les ouvriers seraient responsables de leurs travaux pendant toute la durée de leur galerie, et que de ce fait les vieux et les jeunes ouvriers seraient supprimés ;

 

2° L’ouvrier devra se surcharger de bois pour les réparations ;

 

3° La Compagnie ne fera plus de remblais, de là des éboulements seront très fréquents ;

 

4° L’entretien de la voie ferrée, le matériel et la responsabilité des accidents, seraient à la charge des mineurs.

 

Les ouvriers jugèrent cette modification inacceptable.

 

Basly, secrétaire général de la Chambre syndicale, dans une lettre, adressée aux députés et aux autorités du département du Nord, expliqua et justifia l’opposition des mineurs à ce nouveau mode de travail, préjudiciable à leur santé et à leur salaire, déjà au-dessous du minimum (3 fr. 50 par jour).

 


À la suite d’un entretien qui eut lieu entre la délégation syndicale et la Compagnie, cette dernière maintenant sa décision, les mineurs décidèrent la grève, dans un commun accord.

 

« Considérant que le gouvernement n’est pas intervenu en leur faveur, disait un manifeste syndical, destiné aux mineurs, que la Chambre et les commissions d’enquête se prononcent contre eux, les délégués se réservent comme dernière arme d’inviter les autres ouvriers des Charbonnages de France à se mettre en grève ».

 

(On sait qu’à la suite de ce manifeste, des mineurs, réunis à Saint-Étienne, votèrent contre la grève générale et refusèrent de s’associer au mouvement).

 

Les travailleurs de la Mine d’Anzin revendiquèrent le rétablissement de l’ancien système de travail et la réintégration des ouvriers congédiés pour des grèves antérieures. Or, la Compagnie resta inébranlable dans sa position, et voyant la résistance opiniâtre des grévistes, elle licencia, par surcroît, 140 mineurs syndiqués.

 


La misère dans les familles de mineurs était telle qu’à Denain, des manifestations violentes eurent lieu, suivies de sanglantes échauffourées entre les mineurs et les gendarmes. Pour éviter de nouvelles collisions, des troupes furent envoyées pour occuper toutes les fosses. Des grévistes qui protestèrent contre l’intervention de l’armée, furent emprisonnés et condamnés  à 3 mois de prison.

 


À la Chambre, le député socialiste Clovis Hugues interpella le gouvernement sur « la présence de l’armée dans la mine d’Anzin » et, bien que l’Assemblée vota une motion platonique sur le « respect de la liberté des ouvriers », la situation ne changea guère.

Et après 56 jours de luttes âpres, les mineurs reprirent le travail, dans les conditions fixées par la Compagnie.

 


En octobre 1884, Basly déclara devant la Commission d’enquête à propos de la grève d’Anzin : « Le système de travail qu’on voulait appliquer, nous paraissait contraire à nos intérêts, car il abaissait les salaires et exigeait un travail supplémentaire. La vérité, c’est que la Compagnie voulait la grève, et en définitive, elle cherchait à détruire le syndicat ».

 


Si la Compagnie houillère d’Anzin avait atteint son but, en contraignant les mineurs à reprendre le travail, elle était la cause de mécontentements continuels, qui devaient aboutir à de nouveaux conflits.

21 février 1884  La grève des mineurs d’Anzin
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05 février 1919    Conférence syndicale internationale à Berne
05 février 1919    Conférence syndicale internationale à Berne

05 février 1919

 

Conférence syndicale internationale à Berne

 


Fait capital dans l’histoire du travail, car c’est à ce moment-là que la création du Bureau International du Travail a été décidée.

 

 

Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, chargé de préparer et de présenter le projet de la charte internationale du travail qui fut adoptée, écrivait dans son rapport : « S’inspirant des conférences syndicales de Leeds en 1916 et de Berne en 1917, la Conférence internationale réclame des garanties relatives au droit syndical, au salaire, aux assurances sociales, à la protection de l’enfance et de la femme, à la durée et à l’hygiène du travail. L’efficacité et la continuité de la législation internationale du travail ne peuvent être garanties que par la constitution d’un office interprofessionnel du travail dans lequel siégeraient des délégations directes des organisations syndicales ouvrières de tous les pays. »

 

C’est ainsi que le BIT est devenu une réalité vivante et son premier directeur, le syndicaliste Albert Thomas  a contribué, par son intelligence et par son action inlassable, au développement de cet organisme créé pour la défense des intérêts matériels et moraux des salaries du monde entier.

05 février 1919    Conférence syndicale internationale à Berne
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1er février 1805  Naissance de Louis-Auguste Blanqui

Le 150e anniversaire de la naissance d’Auguste Blanqui a été passé sous silence dans la grande presse.

 

 

Aussi nous voulons réparer cet oubli, en rappelant qu’il a consacré sa    vie entière à l’exaltation et à la propagation d’un idéal dont il était    l’incarnation vivante, et qu’il exerça une forte influence sur l’évolution de l’esprit de la classe ouvrière.

 

La destinée de Blanqui fut grandiose et malheureuse à la fois ; probablement la plus tragique et la plus émouvante dans la douleur, dans l’endurance, dans la ferveur révolutionnaire et dans la puissance extrême de la foi, qu’un homme ait connue et ait éprouvée au cours de son existence.

 

 

On ne peut le comparer à personne pour la fermeté de son caractère et la rigueur sociologique de ses idées. Il est exceptionnel dans l’histoire des grands révolutionnaires dont l’action et la pensée sont si intimement liées.

 

Sa vie exemplaire est l’irradiation même de sa propre philosophie, par le fait qu’il a conduit l’arme à la main des insurrections et qu’il passa 35 ans de sa vie en prison, ne voulant pas renoncer à la lutte et refusant d’abandonner la classe ouvrière dont la libération économique et morale constituait la pierre angulaire de sa théorie.

 

 

Blanqui fut entraîné dans le mouvement social par une vocation intérieure et par une force irrésistible de son tempérament.

 

 

Ce goût pour le combat, dont le but définitif à ses yeux était la réalisation d’un nouvel ordre moral de l’humanité, était si vif, qu’il délaissa bientôt ses études de droit et de médecine.

 

 

Le règne de Charles X qui touchait à sa fin, lorsque la Révolution de juillet 1830 éclata, Blanqui assoiffé de justice et de liberté, combattit avec le peuple pour le renversement de la royauté.

 

Il croyait à l’instauration de la démocratie, mais vite il s’aperçut que le trône avait seulement changé de monarque et que le régime d’oppression était le même. Blanqui prépara donc un nouveau soulèvement pour le triomphe de la République.

En tant que membre de la Société des Amis du Peuple, il déploya une intense activité pour la cause commune.

 

 

Le poète allemand Henri Heine, qui assistait en 1832 à une réunion secrète, écrivit dans La Gazette Universelle d’Augsbourg : « Blanqui fit un long discours, plein de sève, de droiture et de colère ». On y découvre le comportement futur de Blanqui à l’égard de la société bourgeoise qu’il ne cessera de combattre jusqu’à sa mort.

 

 

La conspiration contre la monarchie démasquée, il fut impliqué dans le procès des Quinze qui se déroula, en janvier 1832, devant la Cour d’Assises de la Seine. Blanqui exposa ses idées avec une franchise et une désinvolture qui stupéfièrent les juges : « On ne cesse de dénoncer les prolétaires comme des voleurs, prêts à se jeter sur les propriétés. Pourquoi ? Parce qu’ils se plaignent d’être écrasés d’impôts au profit des privilégiés. Et les possesseurs que la société entière doit couvrir de sa puissance, ce sont deux ou trois cent mille oisifs qui dévorent paisiblement les milliards payés par les voleurs... Le peuple fera des lois qui doivent le régir. Alors ces lois ne seront plus faites contre lui, elles seront faites pour lui. Voilà comment nous entendons la République, pas autrement. »

 

 

 

Dans cette interprétation fragmentaire de la justice sociale on reconnaît les contours fondamentaux de sa philosophie du monde futur. Il est condamné pour quelques mois de prison, mais lorsqu’il retrouve la liberté, il crée avec Barbès, la Société des Familles.

 

Dissoute peu après par le gouvernement de Louis-Philippe, Blanqui n’est pas désemparé pour autant, il fonde une autre organisation secrète : la Société des Saisons. Dès ce moment, il élabore le plan d’une nouvelle insurrection pour renverser la monarchie.

 

Sa théorie de la conquête du pouvoir est basée sur cette conviction qu’avec quelques centaines de militants armés et bien disciplinés, par une action rapide et ordonnée, on y peut parvenir. Il donna le signal du soulèvement pour le 12 mai 1839, qu’il dirigea lui-même. Ce fut une grave erreur théorique et stratégique et finalement un sanglant échec. Pour ce fait il fut condamné à mort, mais sa peine commuée en détention perpétuelle, on l’enferma dans la forteresse du Mont Saint-Michel ; où il y resta jusqu’à la Révolution de février 1848.

 

 

Pendant les huit années de sa détention, sa vie, dans cette prison immonde et pleine de vermine, était un véritable enfer.

Hippolyte Castille écrivait à ce propos : « On lui avait rivé des fers qui entraient dans sa chair et lui faisaient craquer les os. »

 

 

Voyant ses compagnons de lutte « pourris, couverts de plaies et de poux dévorants », Blanqui se révoltait contre la cruauté diabolique de la société civilisée, mais ne se laissa jamais aller au désespoir. Dans la prison humide et mortelle, il méditait sur les contrastes de la condition humaine, développait et approfondissait sa doctrine à laquelle il donna une forme définitive, d’où devait sortir ses ouvrages les plus importants : Critique sociale , Capital, et Travail.

 

 

En février 1848, quand il retrouva la liberté, sa popularité était telle, qu’on le désigna naturellement pour prendre part à l’œuvre de la rénovation nationale.

 

Blanqui constata que le gouvernement provisoire était désuni et qu’il s’écartait de sa véritable destination ; que le conflit entre le peuple et la bourgeoisie était inévitable, car cette dernière ne voulait nullement sacrifier ses privilèges et ses intérêts. C’est alors que Blanqui, en opposition avec le gouvernement, mena une violente campagne contre l’impôt extraordinaire des quarante-cinq centimes, très mal accueilli par le peuple et qui selon lui signifiait : « l’arrêt de mort de la République ».

 

 

Après la journée tumultueuse du 15 mai, qu’il avait organisée, lorsque les ouvriers envahirent le Palais Bourbon, il fut encore condamné à 10 ans d’emprisonnement. À peine sorti, Blanqui constitua encore des sociétés secrètes ; mais l’Empire le traqua impitoyablement et il dut se réfugier en Belgique, d’où il dirigea la lutte contre le régime de Napoléon III.

 

 

Il ne rentra à Paris qu’en septembre 1870. Son patriotisme lui suggéra un plan stratégique pour refouler les envahisseurs prussiens hors des frontières. Il tenta deux fois, le 31 octobre 1870 et le 22 janvier 1871, de renverser le gouvernement de Gambetta, par l’insurrection armée, mais chaque fois, il fut vaincu.

Après la signature de l’armistice, Blanqui malade et épuisé, est arrêté, par ordre de Thiers, juste à la veille de la proclamation de la Commune, dont il était membre.

 

 

Au lendemain de la Semaine sanglante le Conseil de guerre le condamna à l’incarcération à vie pour les faits du 31 octobre 1870.

 

Au moment de sa comparution, le journal parisien La République Française écrit : « Blanqui est pâle. La prison et la solitude achèvent de ruiner cette nature si puissante contre la douleur. Cependant il est toujours ferme et impassible. Rien n’ébranle la vivace énergie de son âme indomptable ».

 

L’amnistie de 1880, lui rend la liberté et le vieux lutteur reprend le combat qu’il poursuivra jusqu’à sa mort avec une farouche détermination et avec la passion idéaliste qui ne s’est jamais éteinte dans son âme.

 

 

Sur le plan sociologique, Blanqui était plus réaliste et plus logique que les théoriciens utopiques le sont en général. II tenait compte des faits tangibles de l’histoire de l’humanité et prévoyait l’inéluctabilité de la disparition du système capitaliste et affirmait que l’affranchissement de la classe laborieuse ne peut s’accomplir que par les moyens de l’éducation, à laquelle il attribuait une importance fondamentale.

 

C’est un peuple instruit et non ignorant qui sera seulement capable de conquérir le pouvoir de l’État et apte à la reconstruction de la société, où les notions de la liberté et l’égalité constitueront les règles quotidiennes de la vie.

 

 - L’égalité nécessairement créera la fraternité ;

 - La suppression des oligarchies et la répartition équitable de la richesse apporteront la vraie justice sociale.

 

Le progrès et la civilisation seront par surcroît, les instruments du bonheur général. Son axiome : « Ni Dieu, Maître », était tout un programme.

 

 

Si certaines de ses affirmations sont aujourd’hui dépassées et si l’on n’est pas d’accord forcément avec méthode de la violence, en revanche ses considérations historiques sur l’origine de la richesse individuelle, sur la valeur créatrice de la science, sur la portée de l’éducation et l’instruction du peuple, sur la nécessité de l’émancipation économique la classe ouvrière restent toujours valables.

 

 

Auguste Blanqui, surnommé « l’enfermé » fut vraiment, comme le disait Garibaldi, le martyr héroïque de la liberté humaine.

 

 

Article de Théodore Beregi paru dans Force Ouvrière n°480, daté du 21 avril 1955.

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26 janvier 1886  La grève de Decazeville

26 janvier 1886 La grève de Decazeville

26 janvier 1886

La grève de Decazeville

 

 

L’histoire du mouvement ouvrier de la fin du XIXe siècle a enregistré comme un événement important la grève des mineurs et des métallurgistes de Decazeville, en 1886, comme celle d’Anzin, en 1884, qui ont profondément touché la classe laborieuse du pays à l’époque.

 

 

Sans doute, la loi de 1884 sur la liberté syndicale avait alors considérablement augmenté la tension entre le patronat et les salariés.

 


La situation matérielle et morale des ouvriers dans le bassin minier et dans les forges était particulièrement dramatiques, les femmes protestèrent : « Nous n’avons pas un morceau de pain à donner à nos enfants. »

 

Mais insensible à la misère des ouvriers, la Compagnie décida pourtant de diminuer encore les salaires, ce qui consterna la population. En effet, les salaires, au moment de la grève de 1878, variaient entre 150 et 200 francs par mois.

 

En 1886, par réductions successives, ils tombaient à 33 francs par mois !

 

Trois mille ouvriers se mirent en grève, pour mettre fin au révoltant système de diminution, mais aussi pour revendiquer une augmentation de salaire, la journée de huit heures, la paye à toutes les quinzaines, la réintégration de tous les anciens ouvriers, licenciés pour fait de grève en 1878, et la démission immédiate du sous-directeur Watrin, qui régnait sur les travailleurs en véritable despote.

 


Watrin n’accepta pas les doléances de la délégation syndicale et refusa de démissionner.

Alors la population ouvrière, au paroxysme de la colère, accueillit Watrin par une formidable clameur d’indignation et l’exécuta sur le champ. Lorsque le préfet de l’Aveyron apprit la tournure tragique de l’émeute, il déclara : « La Compagnie est coupable d’avoir conservé en place un aussi odieux personnage », mais elle était aussi la complice de Watrin pour « serrer les salaires ».

 


L’effervescence gagna toute la région industrielle. Le bassin houiller et les forges furent occupées militairement et des ouvriers emprisonnés. La Compagnie, craignant l’aggravation du conflit et la répercussion de la grève sur l’arrêt de la production, négocia avec les délégués syndicaux.

 

 

Elle semblait vouloir donner satisfaction à certaines revendications, mais se ravisa et soudain rompit unilatéralement la discussion. Les mineurs et les métallurgistes, soutenus par des fonds de solidarité, décidèrent de poursuivre la grève.

 


Entre temps, une enquête avait été ordonnée sur les agissements indélicats de Watrin à l’égard des ouvriers. C’est alors qu’on découvrit le pot-aux-roses. Selon un contrat conclu secrètement avec la Compagnie des Houillères et Fonderies de l’Aveyron, Watrin touchait un pourcentage de 10% sur la réduction progressive des salaires !

 


Cette révélation provoqua un scandale qu’aucune intervention complaisante ne put étouffer. Compromis et démasqué, le président de la Compagnie, M. Léon Say, ancien ministre des Finances, fut contraint de démissionner. De même, la Direction de la Mine et des Forges, qui auparavant refusait toute conciliation, uniquement pour maintenir son système de diminution des salaires, capitula et accepta les revendications des ouvriers.

 


C’est ainsi qu’après plus de trois mois de luttes, soutenus par Basly, les grévistes triomphèrent de la cupidité de la Compagnie.

 

Article de René Gibère paru dans Force Ouvrière n°494, daté du 28 juillet 1955. ​​​​​​​

26 janvier 1886  La grève de Decazeville
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